L’ECOLE AUSTRALIENNE

Pas d’école français ni internationale pour nous.
Aucun des trois ne parlait anglais. Les deux ainés, d’âge collège et lycée, ont passé deux semestres dans une Intensive English Center, une High School destinée aux nouveaux arrivants, pour leur permettre d’apprendre l’anglais tout en suivant des cours de high school. La plus jeune est rentrée directement dans sa classe.

Points forts

Inclusion

Respect

Sentiment d’appartenance

 

L’école, en Australie, ça ne ressemble pas à grand chose de ce qu’on connait en France. Mis à part le fait que tous les matins, les enfants y vont, qu’il y a des enseignants et un examen final.

Comme tu le sais, l’Australie est un Etat fédéral, donc chaque Etat a son système particulier, même si les Etats sont en train d’unifier leurs programmes et leurs examens. 
Les écoles à Sydney, par exemple, sont très différentes des écoles du Queensland. Je ne prétends pas être exhaustive, juste partager mon expérience – en l’occurrence, plutôt celle de mes enfants.

Ce qui est pareil : l’uniforme. En Australie, dans les écoles publiques ou privées, les élèves portent un uniforme, c’est comme ça. 
Parfois, c’est très très moche, avec des couleurs horribles et de grands chapeaux.
Parfois, ça passe parce que c’est pour les petits.

Parfois, ça coûte assez cher et il y a uniforme d’hiver ET uniforme d’été. C’était le cas à Sydney, mais pas dans le Queensland. Question de standing, mais surtout de climat.
Si tu cherches à te renseigner sur leur coût, regarde le site internet de l’établissement, il y a toujours le prix des uniformes.

Généralement, les uniformes ne sont pas très seyants. Ils sont coupés pour que toutes les morphologies rentrent dedans. 
Aucun des enfants ne s’en plaint réellement. Le côté « non-sexy » est plutôt un avantage, d’après ma 15 ans.

A l’école australienne, l’accent est mis sur le développement personnel de l’enfant. Celui-ci n’est pas une sorte de vase qu’il faut remplir de connaissances qu’il sera ensuite apte à régurgiter de manière plus ou moins similaire à ce qu’il a ingurgité.
Ce qui compte, c’est d’en faire des adultes responsables et pour ce faire, c’est une pédagogie positive qui est mise en place : récompense des bons comportements plutôt que stigmatisation des comportements non conformes à ce qui est attendu. 

Forcément, la discipline s’en ressent et ceux qui s’attendent à des cours assis sans bouger sans un mot en seront pour leurs frais. On peut voir un élève courir autour de la classe, torse nu, sans que le prof s’énerve – ok, l’élève est ensuite envoyé à l’administration. 

Les compétences sont valorisées. Les australiens estiment – à juste titre – que nous ne connaissons même pas la moitié des métiers qui existeront dans 20 ans, donc au lieu d’apprendre aux enfants à savoir, on leur apprend à apprendre, à s’adapter et à développer des qualités d’analyse, d’interaction en groupe, de prise de parole qui leur permettront d’évoluer tout au long de leur vie.

L’école australienne est très souple. Les établissements sont autonomes, et proposent des options variables d’un établissement à l’autre. Les choix des options s’élargit au fur et à mesure des années jusqu’à un choix total en équivalent 1ère (Year 11). On peut très bien se passer de cours d’anglais (par contre, dans ce cas, on ne pourra pas entrer à l’université). Mon fils a choisi notamment « film et nouveaux médias » et passe beaucoup de temps à réaliser et monter son court métrage. Il a également choisi Histoire Ancienne, parce qu’il adore le prof qui doit avoir… quelques années de plus que lui seulement et l’a aidé à mettre en place un club de débat puis participer au championnat local interécoles. Ils ont aussi créé une classe, hors curriculum, de « Pensée », faite pour développer la pensée critique et apprendre à penser par soi-même. Ma Year 10, elle, va faire de la photo au prochain semestre, et de la théorie du sport, pour se délasser de ses options maths/science.

L’école australienne est inclusive. Les enfants « à besoins spéciaux » sont intégrés dans les classes. Ils sont aidés, en fonction de leurs besoins. Nous n’avons pas cet aspect à gérer, mais de nombreux parents de l’école primaire 

de ma Year 6 se déclarent très satisfaits de la prise en charge de leur enfant autiste ou dys-quelque chose.. Il existe quelques écoles pour les enfants qui ne peuvent vraiment pas s’intégrer dans les écoles classiques, mais elles sont très rares. La règle, c’est : tout le monde ensemble.

Il faut dire que l’école australienne s’adapte aux enfants. En règle générale, il y a trois groupes de niveau par année en maths et en anglais, si bien que chacun peut avancer à son rythme. Les redoublements sont très rares, avec ce système. Personne n’est laissé au bord du chemin, ni stigmatisé. On se contente de féliciter les bons… sachant que, comme tout le monde est bon à quelque chose, tout le monde reçoit au moins une récompense tous les ans. On peut avoir une récompense pour être drôle et amuser la classe, par exemple, oui oui. Etre fort en math n’est pas tellement mieux vu qu’être fort en dessin ou fort en sport. ON peut avoir une récompense pour avoir beaucoup progressé dans l’année ou pour avoir adopté un bon comportement.

Le « niveau » de l’école australienne nous a longtemps posé souci. Effectivement, sur le plan académique, les programmes sont moins ambitieux que ceux de l’école française. La culture générale est moins systématique et laissée au goût et à l’appréciation de chacun plutôt qu’imposée. Nous nous demandions si les enfants seraient capables de suivre un cursus universitaire français. Plus ils avancent en high school et plus je suis confiante sur le sujet. Si l’on met de côté le problème de l’orthographe (qui n’était pas brillant et qui, à force de ne pas être pratiqué, ne s’arrange pas) et les codes académiques qui ne sont pas si compliqués à assimiler (thèse/antithèse/synthèse, etc.), mes enfants ont acquis des compétences bien plus développées en autonomie, capacité à s’auto-motiver, rigueur et argumentation que ce qu’on apprend dans les lycées français. Le reste, ça s’apprend.   

 

Les mauvais cotes

On n’est pas chez les bisounours. Les mauvais côtés, il y en a.

Les australiens sont paradoxalement rentrés dans une vision très élitiste. Progressivement, l’Australie devient l’école de toute l’Asie Pacifique, pour ceux qui n’ont pas le niveau attendu dans les écoles d’élite de Singapour, de Corée ou de Chine. Ces élèves là ont été élevés à travailler comme des fous et élèvent le niveau de manière spectaculaire. Ca devient la compétition pour entrer en médecine, par exemple, où les places sont très rares et les candidats excellents.

Parfois, les élèves ne font rien. A la fin de l’année, ma Year 10 m’a demandé à rester à la maison, parce qu’elle avait littéralement passé sa journée d’école à regarder Netflix.

Bon, y a pire 😀